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8.9.4. La vie à la lumière du bouddhisme
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              8.9.4. La vie à la lumière du bouddhisme
 8.9.4.2. Préface

 Préface

La question la plus complexe que se posent nombre d’êtres humains est : quelle est la signification de ma vie ? Les scientifiques ont étudié la matière et découvert le monde des atomes et des électrons ; leur quête de l’infini les amène à repousser toujours plus loin les limites du cosmos. Or, la vie - ce concept qui nous est en fait le plus proche et qui devrait donc être le plus simple à comprendre - n’en demeure pas moins une énigme, en dépit des énormes progrès enregistrés au cours des dernières décennies par les sciences dites de la vie.

Comment expliquer ce paradoxe ? Est-il imputable au fait que la vie est en mutation constante, au fait qu’elle compte une infinité de niveaux complexes ou encore au fait que sa compréhension requiert une sérénité et une sagesse parfaites ? Maints philosophes en sont conscients : comprendre la vie est le problème fondamental de l’homme, mais les questions soulevées sont d’une telle complexité que la majorité des spéculations philosophiques ne contribuent qu’à épaissir le mystère. La raison en est, selon moi, que la purification de la vie et que l’approfondissement de la sagesse n’ont pas évolué aussi rapidement que l’érudition.

En Orient, un homme a abordé de face le mystère de la vie et en a découvert la solution parfaite. Il s’agit du fondateur du Bouddhisme, Shakyamuni - le Sage d’entre les Shakya, Gautama Siddhartha, connu sous le nom de Bouddha, l’Eveillé. La vie n’est pas un concept abstrait. Elle implique le fait de vivre et d’être dans le monde immédiat, d’atteindre à l’éveil au milieu de la réalité, et d’accepter les rires et les larmes, les plaisirs et les peines du monde actuel. Shakyamuni a consacré la majeure partie de sa vie non à dispenser une explication abstraite du mystère de la vie, mais à enseigner aux hommes le moyen de surmonter la souffrance et de trouver une voie vers le bonheur.

Il est nécessaire pour accéder à l’éveil que connut Shakyamuni de purifier sa vie et de développer la forme de sagesse la plus élevée et la plus énergique. C’est en cela que consiste la pratique du Bouddhisme. Shakyamuni s’employa vaillamment, durant les quarante années de son ministère après l’éveil à l’enseigner à ses disciples, de sorte qu’ils soient à même de transmettre les principes de sa compréhension aux générations à venir. Il prêcha l’éveil même dans le Sûtra du Lotus.

Ce livre a pour objectif de mettre en évidence la relation existant entre les réponses du Bouddhisme au mystère de la vie et les solutions empiriques que la science moderne apporte aux mêmes questions. Nous n’entendons pas fournir la preuve scientifique du bien-fondé du Bouddhisme, qui transcende la science, mais simplement suggérer des moyens d’illustrer sa vérité en termes scientifiques modernes.

Loin de nous la prétention d’affirmer que nous avons accédé au même stade d’Eveil que Shakyamuni. Nous pouvons toutefois tirer avantage des théories bouddhiques traditionnelles développées par des génies tels que Nagarjuna, Vasubandhu et Chih-i. Nous sommes en outre familier du Bouddhisme de Nichiren Daishonin, qui expliqua les énigmes de la vie de manière encore plus claire que Shakyamuni et qui établit une méthode permettant d’atteindre l’éveil par rapport à la force de vie cosmique, tout en découvrant les solutions aux problèmes auxquels nous sommes confrontés dans ce monde.

Les scientifiques modernes du monde entier comprennent de mieux en mieux les phénomènes qui sont à l'origine de la vie. Ils découvrent sans cesse des informations importantes relatives aux diverses qualités particulières de la vie. Il est permis d'affirmer que les progrès de la science confirment dans l'ensemble les enseignements que nous ont transmis les penseurs bouddhistes du passé. En fait, la théorie moderne se rapproche toujours plus du Bouddhisme, en cette fin de vingtième siècle.

Le Bouddhisme est un précieux trésor, d'une richesse infinie qui apporte à l'humanité les réponses aux questions éternelles de la vie tout en lui suggérant des objectifs dignes d'être poursuivis. Hélas ! le Bouddhisme dont la profondeur et l'ampleur sont prodigieuses, a rarement été expliqué en termes applicables à la réalité quotidienne, en conséquence il est devenu, même en Orient, un trésor occulte que menace l'oubli.

C'est mon mentor, Josei Toda, le deuxième président de la Soka Gakkai, qui m'a aidé à prendre conscience de la richesse immense du Bouddhisme. Il m'incomba après son décès de protéger les principes de la Soka Gakkai, de veiller à ses activités religieuses et de répandre la foi pour le bien de la paix mondiale et du bonheur universel. Mon objectif était de convaincre une audience aussi vaste que possible des splendeurs de la Loi du Bouddha. J'ai étudié, j'ai médité et je me suis efforcé de parler aux gens, à chaque fois que l'occasion s'offrait à moi - en particulier aux jeunes et aux étudiants. Cet ouvrage est en quelque sorte l'un des fruits de cet effort.

Le thème central est, bien sûr, la vision bouddhique de la vie. J'ai discuté, dans la première partie intitulée le Cosmos et la Vie, des aspects spatiaux et temporels de la vie et de sa propagation à travers l'univers. Une telle approche ne devrait pas poser de problème à l'homme moderne étant donné qu'il est souvent possible de l'illustrer à l'aide d'informations scientifiques. Maintes théories actuelles sont en accord avec les concepts bouddhiques traditionnels.

Dans la seconde partie, la Vision bouddhique de la vie, j'ai abordé la question de l'épanouissement des individus, par rapport à divers degrés de liberté et aux différences correspondantes sur le plan de leur bonheur respectif. L'idée capitale développée dans cette seconde partie est que chaque vie est en mutation constante et qu'elle est par conséquent susceptible de connaître une révolution intérieure qui permettra à l'individu d'accéder au bonheur et à l'épanouissement.

La troisième partie, la Vie et la Mort, s'interroge sur le devenir de notre moi après la mort. Retournons-nous au néant ? Continuons-nous à exister dans un état imperceptible à la vie ordinaire ? Renaissons-nous sous une forme ou une autre ? Les questions évoquées ici sont celles que des êtres humains, Orientaux ou Occidentaux, ne peuvent manquer de se poser. C'est pourquoi les réponses fournies se sont souvent avérées simplistes et superficielles. Or, la science - en particulier la science médicale - s'intéresse avec de plus en plus de sérieux, depuis quelques années, aux questions relatives à la vie et à la mort. J'aborderai quelques théories récentes, puis m'efforcerai d'expliquer l'interprétation bouddhique de la mort et de ce qu'il advient après.

La première partie est donc consacrée à l'examen de concepts tels que le temps vital, l'espace vital et la force vitale, tandis que la troisième traite essentiellement de la continuité temporelle, ou de manière plus spécifique, de l'absence de discontinuité entre la vie et la mort. La deuxième partie se concentre, elle, sur divers aspects de notre vie intérieure et de nos activités. Son titre est le seul à renfermer une allusion au Bouddhisme, néanmoins les première et troisième parties se fondent également sur des modes de pensée bouddhiques.

La version japonaise de ce livre, intitulée Seimei o Kataru (« Dialogue sur la vie ») parut pour la première fois en 1973. Les scientifiques ont publié maintes nouvelles découvertes au cours de cette dernière décennie ; d'aucunes auraient mérité de figurer dans cet ouvrage. Une telle entreprise aurait toutefois retardé de manière considérable la publication de la version française. J'ai donc jugé préférable de faire paraître ce livre sous sa forme actuelle, d'autant qu'aucune découverte récente n'est venue infirmer mon propos - en fait, plus nos connaissances scientifiques s'enrichissent, plus la science moderne se révèle en harmonie avec la théorie bouddhique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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