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8.10. Un portrait de Daisaku Ikeda
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      8. Publications
          8.10. Un portrait de Daisaku Ikeda
 8.10.1. Introduction
Keiko Kimura
Keiko Kimura

 Introduction

« Daisaku lkeda : l'homme » à l'antenne

Une émission ajournée à trois reprises

27 juin 1999, il est 16h30 passé. Dans le studio de la chaîne de télévision californienne KSCI, j'attends que le documentaire « Daisaku lkeda : l'homme », auquel j'ai consacré tant d'énergie en tant que productrice, soit diffusé pour la première fois...

Au Japon et aux Etats-unis, j'ai déjà participé à l'organisation et à la production de plusieurs émissions de radio et de télévision. A chacune j'ai donné le meilleur de moi-même, mais, parmi tous ces films, je dois dire que « Daisaku lkeda : l'homme » restera, dans ma vie, une expérience exceptionnelle. C'est en octobre 1998 que commence sa préparation. Entre la première réunion de l'équipe jusqu'à la diffusion de l'émission à l'antenne, il se sera écoulé plus de huit mois. Il est rare qu'une émission de télévision demande une aussi longue préparation. En réalité, le document a été programmé plus tôt mais faute d'avoir pu achever le film à temps, nous sommes dans l'obligation de repousser par trois fois sa diffusion. Même si je cause bien des soucis aux programmateurs de la chaîne, (« Mme Kimura, êtes-vous sûre de pouvoir mener ce projet à bien ? «  me dit un jour un de ses responsables) il n'est pas question pour moi d'avoir des regrets ou de faire les choses à moitié. Toute l'équipe doit produire un maximum d'efforts afin que chacun puisse se dire : « J'ai réellement fait de mon mieux ». Voilà pourquoi nous choisissons de reporter à plusieurs reprises cette date de diffusion. (« Je suis vraiment désolée pour tous ces contretemps, mais pourriez-vous patienter encore un peu ? Nous allons réussir une très bonne émission, c'est sûr », telle est ma réponse au dirigeant de la chaîne.)

Je ne citerai qu'un exemple pour illustrer notre travail : le scénario a été refait vingt et une fois et sa version définitive n'a été achevée que le matin même de l'enregistrement des commentaires.

L'équipe de la chaîne KSCI a fait preuve d'une patience exemplaire. Je ne les en remercierai jamais assez.

« Enfin, le moment est arrivé ! »

KSCI, communément désignée sous le nom de « canal 18 », est connue pour ses émissions internationales. En fait, cette chaîne diffuse, selon le créneau horaire, des émissions en plusieurs langues : japonais, français, chinois. Ainsi, une émission en hébreu est passée juste avant « Daisaku lkeda : l'homme ». Fréquentes aux Etats-unis, ce genre de chaînes témoigne de ce que l'on appelle le « melting-pot américain ».

KSCI émet depuis un quartier peuplé de nombreux Américains d'origine japonaise, à trois kilomètres au nord des plages de Santa Monica.

Des deux chaînes de télévision qui diffusent des émissions en japonais en Californie du Sud, celle-ci est particulièrement appréciée pour ses journaux télévisés et ses émissions spéciales qui la rendent indispensable à la communauté japonaise. La plupart des Américains d'origine japonaise de cet Etat la regardent pratiquement tous les jours. Pour permettre à ses trente mille télé-spectateurs de connaître le véritable visage de M. lkeda, c’est sur cette chaîne que j’ai choisi de diffuser le documentaire « Daisaku Ikeda : l’homme ».

Son passage à l’antenne est enfin programmé un dimanche, le 27 juin, entre 17 h et 18 h. Mon équipe et moi sommes sur place plusieurs heures à l’avance.

Sont non seulement présents les assistants de production, mais aussi des amis bénévoles chargés de répondre aux coups de téléphone des téléspectateurs. Malgré sa vocation internationale, cette chaîne n’emploie que du personnel américain ne parlant pas japonais. Des amis connaissant cette langue ont offert de venir nous aider.

...J’attends l’heure de la diffusion et suis en proie à un tourbillon d’émotions, la gorge serrée par la peur et l’excitation. Tout se mêle en moi et mon cœur bat la chamade. J’essaye de garder mon sang-froid mais, à plusieurs reprises, il me faut sortir prendre l’air.

Jun Narita, mon coiffeur, un de ceux qui se sont portés volontaires pour répondre au téléphone, me dit : « Allons, Keiko, du calme. Sinon, moi aussi, je vais être pris de panique. » Tout le monde éclate de rire, ce qui a pour effet de détendre un peu l’atmosphère.

17h00. Première image sur l’écran. En voyant le chantier de l’université Soka des Etats-unis, au cœur de la magnifique région d’Orange, je pense : « Enfin, le moment est arrivé ! » Sentiment étrange, à vrai dire, puisqu’il est somme toute normal que le film passe à l’antenne.

Le téléphone a sonné sans arrêt

Personne ne prononce un seul mot pendant la diffusion. Tous dévorent l'écran des yeux. Le personnel américain de KSCI est lui aussi attentif. « Formidable ! » me disent certains en souriant, durant les pauses publicitaires. Je me demande : « Comment peuvent-ils être si enthousiastes alors qu'ils ne comprennent pas le japonais ? ». En fait, Jun Narita leur fournit de temps en temps de brèves explications.

A la fin de l'émission, tous les téléphones se mettent à sonner en même temps. Dès que nous raccrochons, nouvelle sonnerie. Cela n'arrête pas. Les employés de la chaîne sont complètement éberlués. Sans doute est-ce la première fois qu'une émission connaît un pareil retentissement.

Ne comprenant pas le japonais, le vice-président de KSCI s'imagine que les gens se plaignent et se mettent en colère contre nous. En fait, la plupart des appels expriment des opinions très favorables. Par la suite, comprenant mieux la situation, ce responsable de la chaîne me téléphonera à plusieurs reprises afin de me proposer la rediffusion de l'émission. Les uns après les autres, des téléspectateurs nous appellent pour nous dire combien l'émission les a touchés. Nous sommes alors gagnés par un profond sentiment de victoire. Une heure s'est écoulée et les téléphones ne cessent toujours pas de sonner. Je pense : « J'aimerais tant que ce film passe un jour au Japon. » Dans ce pays, en effet, l'attitude tendancieuse de certains journaux et magazines donne au public une fausse image de Daisaku lkeda et cette émission me paraît donc répondre à un besoin. (Ce rêve se réalisera finalement moins d'un an plus tard.)

En cet instant, je revois toute ma vie. Tous les détails du chemin parcouru jusqu'à ma décision de produire cette émission, ce projet par lequel je me suis sentie happée et auquel mon existence semblait liée de façon inexplicable.


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