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A l’automne 2001, les terribles événements du 11 septembre se sont produits au moment même où l’édition japonaise de ce dialogue partait chez l’imprimeur. Je suis encore sous le coup du sentiment d’indignation et de chagrin suscité par les abominations qui ont privé notre monde de tant de vies précieuses et irremplaçables. Je ne peux qu’exprimer une fois de plus ma conviction, comme je l’ai fait maintes fois dans des déclarations et des articles, que nous ne sommes pas nés en ce monde pour nous haïr et nous détruire les uns les autres. C’est la fonction du démon que de diviser les êtres humains. Ce monde et notre propre vie sont le théâtre d’une lutte incessante entre la haine et la bienveillance. En définitive, le mal dont nous devons triompher est ce qui nous pousse à la haine et à la destruction, et il existe en chacun de nous. Nous devons restaurer et renouveler notre foi en la bonté des hommes et la confiance en notre prochain. Maintenant plus que jamais, nous devons entreprendre des efforts toujours plus grands pour nous comprendre les uns les autres, et dialoguer sincèrement. Des mots prononcés du fond du cœur ont le pouvoir de changer la vie d'une personne. Des paroles d'encouragement justes et chaleureuses peuvent faire fondre même les murs de glace qui séparent les peuples et les nations. Dans ce but, je suis plus que jamais déterminé à promouvoir le dialogue entre les civilisations. Je suis toujours persuadé - et j'espère vous faire partager, à vous lecteur, ma conviction - que nous avons le pouvoir et la sagesse nécessaires pour libérer le XXIe siècle des flammes de la violence et de la guerre, et faire de notre époque une ère où tous les êtres humains pourront vivre en paix. Le professeur Tehranian, en sa qualité de musulman soufi, et moi, en tant que pratiquant du bouddhisme de Nichiren, nous avons choisi la voie du dialogue. Nous avons choisi de nous servir du dialogue pour reconnaître, apprendre et apprécier nos différences de croyances et d'origines. Nous avons choisi de considérer nos différences, quelles qu'elles soient, non comme des murs mais comme des facettes et des angles différents de ce diamant scintillant qu'est la culture planétaire. Je prie pour que le respect de la vie qui a éclairé nos conversations devienne l'esprit dominant de notre époque, et je suis convaincu qu'un déferlement de dialogues, source d'inspiration et d'élévation pour tous, suscitant la foi en l'humanité et en notre prochain, recouvrira la planète entière. 18 novembre 2002.
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