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Josei Toda
En ce jour, je revois mon maître, M. Toda, deuxième président de la Soka Gakkai, en train d’enseigner le Sûtra du Lotus. Les souvenirs dans mon esprit sont aussi vivants que les scènes d’un grand tableau. Au lendemain de la guerre, après avoir été victime d’une campagne du gouvernement militariste visant à sa destruction, la Soka Gakkai était en ruines. Le président Toda déployait un maximum d’efforts pour la reconstruire en donnant des cours sur le Sûtra du Lotus à une poignée de membres. J’ai assisté à la septième série de cours qu’il donna à partir du 13 septembre 1948, dans le vieux centre de la Soka Gakkai à Nishi-Kanda. C’était en automne et j’étais alors dans ma vingt-et-unième année. « Je vois que tout le monde est bien arrivé », dit M. Toda en guise d’introduction. Il y avait cinquante ou soixante personnes. Clignant des yeux derrière ses lunettes, le président Toda parcourut du regard la salle de réunion composée de deux petites pièces en enfilade. Puis il s’éclaircit la voix et commença son cours d’une manière franche et ouverte. Je fus aussitôt impressionné, comme magnétisé par la profondeur de ses idées, par son immense conviction et l’extraordinaire bienveillance envers le monde et l’humanité qui semblaient jaillir de tout son être. Le président Toda ne recherchait jamais délibérément la complexité. ses cours étaient pleins de bienveillance, de franchise et de lucidité. On y voyait briller la lumière de la vérité la plus profonde. La philosophie qu’ils développaient s’enracinait directement dans l’expérience concrète et dans la Loi qui pénètre l’univers infini. En l’écoutant, on ressentait à la fois une véritable intensité dramatique et la grande joie de l’harmonie. A un moment donné, alors que je l’écoutais parler, il me sembla que le soleil se levait dans mon cœur, et tout se mit à briller d’un grand éclat devant mes yeux. La nuit qui suivit, encore marqué par l’intensité et l’émotion que j’avais ressenties dans ce cours, j’écrivis ce poème dans mon journal. « J’admire la grandeur et la profondeur du Sûtra du Lotus.
Surpris par la profondeur et l’étendue des connaissances du président Toda, quelqu’un lui demanda un jour : « Quand avez-vous étudié tout cela ? » Avec un sourire chaleureux, il répondit : « En prison, alors que j’étais persécuté, j’ai sincèrement récité daimokou et j’ai étudié. Il me semble que c’est ainsi que ces choses sont parvenues jusqu’à moi. Les quatre-vingt-quatre-mille sûtras se réfèrent en fait à ma propre vie. » Ces cours jaillissaient du très vaste état de vie du président Toda, qui s’était éveillé à l’essence du bouddhisme alors qu’il était en prison. Le Sûtra du Lotus dans les périodes
Par la suite, il donna plus d’ampleur à ses cours sur le Sûtra du Lotus. Il mit en place des groupes de débutants, pour les chapitres Hoben et Juryo, réservés à ceux qui venaient de commencer la pratique. Ses cours, si brillants et pleins de conviction, introduisaient l’essence du bouddhisme dans le cœur de ses auditeurs, même sans qu’ils en aient nécessairement conscience. A l’intention de ces personnes nouvellement converties qui ne connaissaient le plus souvent du bouddhisme que le seul Shakyamuni, le président Toda commença chaque série de cours en soulignant que s’il avait déjà été question à diverses époques du Sûtra du Lotus, ce Sûtra prenait des formes différentes selon que l’on se trouvait à l’époque de la Loi correcte, de la Loi formelle ou des Derniers Jours de la Loi. Le président Toda avait coutume de dire : « Chacun pense habituellement que le Sûtra du Lotus est l’ouvrage composé de vingt-huit chapitres qui porte ce nom. Mais il y a, en réalité, trois sortes de Sûtra du Lotus. Le premier est le Sûtra du Lotus de Shakyamuni, soit le sûtra en vingt-huit chapitres qui porte ce nom ; ce sûtra procurait des bienfaits du vivant de Shakyamuni et à l’époque de la Loi correcte ; actuellement, à l’époque des Derniers Jours de la Loi, même si vous deviez réaIiser les pratiques [ de l’époque de la Loi correcte ] qui consistent à lire et réciter ce sûtra ainsi qu’à le recopier vous n’en tireriez aucun bienfait. Notre récitation dans le gongyo du matin et du soir des chapitres Hoben et Juryo ne provient donc pas de cette pratique antérieure, elle a une signification différente. Quant au Sûtra du Lotus de l’époque de la Loi formelle, le deuxième, il s’agit du Maka Shikan (Grande Concentration et Intuition ) de T’ien-t’ai. Enfin, le Sûtra du Lotus pour l’époque actuelle, celle des Derniers Jours de la Loi, est Nam Myoho Renge Kyo, le « Sûtra du Lotus en cinq ou sept caractères » caché dans les profondeurs du chapitre Juryo. Il est important de comprendre qu’il existe trois sortes de Sûtra du Lotus, et comment ils sont reliés les uns aux autres. En plus de ceux-là, existe encore un autre Sûtra du Lotus qui, sans qu’on puisse le situer dans un cadre historique précis, fut reconnu à la fois par Nichiren Daishonin, Shakyamuni, T’ien-t’ai et Dengyo ; il s’agit du « Sûtra du Lotus en vingt-quatre caractères » exposé par le bodhisattva Fukyo. » Shakyamuni, en Inde, enseigna « le Sûtra du Lotus en vingt-huit chapitres » pour ses contemporains et pour ceux qui vivraient à l’époque de la Loi correcte. T’ien-t’ai, en Chine, exposa le Maka Shikan pour les êtres humains de l’époque de la Loi formelle. Et le bodhisattva Fukyo exposa ce que l’on a appelé « le Sûtra du Lotus en vingt-quatre caractères » pour les êtres humains de l’époque de la Loi formelle d’un bouddha appelé lonno. Le président Toda expliquait que, même si le Sûtra du Lotus s’exprime sous une forme différente selon l’époque, il s’agissait toujours, en fait, du même Sûtra du Lotus. Il appelait le Sûtra du Lotus ainsi défini « le Sûtra du Lotus multiforme ». Il ne s’agit donc pas seulement du Sûtra du Lotus de Shakyamuni, mais aussi de celui de T’ien-t’ai et du bodhisattva Fukyo. Pour le président Toda, qui s’était éveillé à l’essence du Sûtra du Lotus, ce fait était parfaitement clair. En assistant à cette série de cours aux perspectives très ouvertes, les auditeurs purent ainsi graver dans leur vie ce qui distingue « le Sûtra du Lotus de Shakyamuni » du « Sûtra du Lotus de Nichiren Daishonin ». Myoho Renge Kyo est le Sûtra du
Lotus
Quel est le point commun entre ces différentes versions du Sûtra du Lotus ? Finalement, c’est le principe que « tout le monde possède également le potentiel pour devenir Bouddha ». Il y a, cependant, de grandes différences dans la façon dont Shakyamuni et Nichiren Daishonin exprimèrent cet enseignement. Alors que Shakyamuni l’exprima sous la forme du « Sûtra du Lotus en vingt-huit chapitres », Nichiren Daishonin, afin de permettre à tous les êtres humains des Derniers Jours de la Loi d’atteindre la boddhéité, révéla que le principe ultime du Sûtra du Lotus est Nam Myoho Renge Kyo. Dans le Hokke Shuyo Sho (« L’Essence du Sûtra du Lotus »), Nichiren Daishonin dit : « Nichiren rejette généralités et contours et choisis l’essentiel. L’essence est constituée par les cinq caractères de Myoho Renge Kyo transmis au bodhisattva Jogyo. » (GZ, p. 336) Les cinq caractères de Myoho Renge Kyo qui constituent l’essence du Sûtra du Lotus, c’est-à-dire le Nam Myoho Renge Kyo des Trois Grandes Lois ésotériques, sont le Sûtra du Lotus qui convient à l’époque des Derniers Jours de la Loi. C’est pourquoi le président Toda appela l’enseignement de Nichiren Daishonin « Le Sûtra du Lotus des Derniers Jours de la Loi ». La lignée des véritables pratiquants
Celui qui expose un enseignement qui peut permettre à tous les êtres humains d’atteindre la boddhéité rencontre inévitablement des persécutions. Même Shakyamuni dut endurer une succession de grandes persécutions. De plus, le Sûtra du Lotus indique que celui qui propage son enseignement à l’époque des Derniers Jours de la Loi rencontrera de façon certaine des persécutions encore plus nombreuses que Shakyamuni lui-même. Des passages et des phrases tels que « Puisque haine et jalousie abondent déjà du vivant du Bouddha, cela ne sera-t-il pas pire encore après son trépas ? », « Les Trois Grands Ennemis », « Il y aura une grande hostilité et il sera difficile de croire », ou encore la définition des Six Actes difficiles et des Neuf Actes aisés, sont autant d’éléments qui vont dans ce sens. Un pratiquant qui endure toutes ces grandes persécutions et qui s’évertue malgré tout à toujours propager l’enseignement parmi les êtres humains de l’époque des Derniers Jours de la Loi concrétise le cœur du Sûtra du Lotus. Endurer des persécutions pour faire connaître l'enseignement aux autres est, en fait, une preuve de compassion. Tout comme le sûtra le prédit, la vie de Nichiren Daishonin, qui apparut à l'époque des Derniers Jours de la Loi, fut une succession de terribles persécutions. Constatant qu'il avait enduré précisément toutes les persécutions auxquelles devait être confronté le Pratiquant du Sûtra du Lotus, Nichiren Daishonin déclara donc qu'il était « le Pratiquant du Sûtra du Lotus à l'époque des Derniers Jours de la Loi » et le bouddha des Derniers Jours de la Loi. Nichiren Daishonin désigna aussi Shakyamuni, T'ien-t'ai et Dengyo comme les pratiquants du Sûtra du Lotus pour leur époque respective. Avant lui, ils exposèrent ce Sûtra parce qu'ils désiraient ardemment le bonheur de tous, et cela leur valut en retour d'être persécutés. De plus, dans de nombreux passages du Gosho, Nichiren Daishonin félicite et encourage de tout cœur ses disciples, tel Shijo Kingo, qui combattirent pour surmonter de grandes difficultés et persévèrèrent dans la foi sans ménager leur vie. Il les appela « les pratiquants du Sûtra du Lotus ». A une femme (la mère d'Oto Gozen) qui fit le difficile voyage jusqu'à l'île de Sado en compagnie de sa fille en bas âge, il alla jusqu'à dire : « Sans aucun doute, parmi toutes les femmes du Japon, vous êtes la plus digne du titre de pratiquante du Sûtra du Lotus. » (L&T vol. 3, p. 57) Et il lui donna le nom de Nichimyo Shonin (Sage Nichimyo). Le bouddhisme consiste à agir
Il écrit aussi : « A l'époque de kosen-rufu, tous les êtres humains du monde enlier deviendront des pratiquants du Sûtra du Lotus. » (GZ, p. 834) Il indique ainsi le principe qu'il n'est pas une personne au monde qui ne puisse devenir pratiquant du Sûtra du Lotus. L'expression « pratiquant du Sûtra du Lotus » désigne ceux qui se consacrent à la mission de sauver les êtres humains du monde entier, pour les dix mille ans et plus de l'époque des Derniers Jours de la Loi. Et kosen-rufu désigne une situation où, en s'appuyant sur la Loi merveilleuse, les individus contribuent au bonheur des autres et à la société en tant que « pratiquants », c'est-à-dire par l'action. De ce point de vue, les premier et deuxième présidents de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi et Josei Toda, qui combattirent le régime militariste et propagèrent la Loi pour le bonheur des êtres humains au péril de leur vie, ont, sans aucun doute, leur place dans la lignée des pratiquants du Sûtra du Lotus. Le 65e grand patriarche Nichijun fit l'éloge du président Makiguchi en affirmant qu'il était « né en tant qu'émissaire du Bouddha ». Quant au président Toda, il le qualifia de « précurseur des boddhisattvas sortis de la Terre ». Ce denier entreprit le grand combat de propager « Le Sûtra du Lotus des Derniers Jours de la Loi » pour le bonheur de tous ceux qui se débattaient dans la plus grande détresse, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. « Je veux bannir le mot misère de ce monde. Je veux chasser la pauvreté et la maladie [ en permettant à tous les êtres humains de connaître prospérité et bonne santé ]. » Ce cri de mon maître qui, tel un lion, s'était dressé seul, résonne encore à mes oreilles. Ce cri venant du fond de lui-même n'est autre que « le cœur du Sûtra du Lotus ». Le bouddhisme signifie toujours action et pratique. Ce n'est que par le dialogue, le dialogue permanent, que l’on peut permettre aux autres de surmonter leurs difficultés pour devenir véritablement heureux. C’est dans une telle action et dans une telle pratique que vit « le cœur du Sûtra du Lotus ». Le « bouddhisme caché
Dans ses cours, le président Toda disait souvent : « Nichiren Daishonin a lu le Sûtra du Lotus à partir de son sens le plus profond. Le Grand Maître T’ien-t’ai en à dévoilé le sens ‘’superficiel’’ et donné l’interprétation la plus judicieuse de son contenu littéral. (...) Quand je dis que Nichiren Daishonin a lu le Sûtra du Lotus, cela ne signifie pas qu’il a lu cet enseignement tel que Shakyamuni l’a exposé, mais qu’il a déchiffré le sens contenu dans profondeurs sur la base de son état de vie de bouddha des Derniers Jours de la Loi. c’est ce qu’indiquent les passages de gosho ‘’J’ai lu l’enseignement théorique’’, et ‘’Le chapitre Juryo de mon illumination intérieure’’. » Dans ses cours, le président Toda distinguait clairement la « signification superficielle » ou littérale, c’est-à-dire le point de vue de Shakyamuni et de T’ien-t’ai, de la « signification implicite » ou lecture de Nichiren Daishonin, et il expliquait la façon correcte de lire le Sûtra à l’époque des Demiers Jours de la Loi. Comment pourrait-on décrire cette « lecture du sens implicite » ? Pour l’essentiel, cela consiste à lire le Sûtra en partant du vaste état de vie du bouddha originel qui désire permettre à tous les êtres humains des Derniers Jours de la Loi d’atteindre le bonheur véritable. Nichiren Daishonin « a Iu le Sûtra du Lotus avec sa vie », en pratiquant avec l'esprit de ne pas ménager sa vie. Il risqua sa vie pour propager l'essence du Sûtra du Lotus, « le Sûtra du Lotus des Derniers Jours de la Loi », « le Sûtra du Lotus caché dans les profondeurs du sûtra », c'est-à-dire Nam Myoho Renge Kyo. De ce point de vue, le Sûtra du Lotus en vingt-huit chapitres devient, dans son intégralité, une explication de Nam Myoho Renge Kyo. Une lecture en profondeur revient donc à lire le Sûtra du Lotus en partant de Nam Myoho Renge Kyo. Par conséquent, quand nous récitons les chapitres Hoben et Juryo, nous ne le faisons pas du point de vue du Sûtra du Lotus de l'époque de la Loi correcte ou de la Loi formelle, mais du point de vue de l'enseignement de Nichiren Daishonin, Nam Myoho Renge Kyo. Un commentaire d'une grande sagesse,
Nichiren Daishonin fit l'exégèse du Sûtra du Lotus en vingt-huit chapitres du point de vue de l'enseignement caché dans ses profondeurs, et Nikko Shonin prit en note ses enseignements oraux sous la forme du Ongi Kuden (Compilation des enseignements transmis oralement). Pour faire revivre le cœur du Sûtra du Lotus et permettre à tous les êtres humains des Derniers Jours de la Loi d'atteindre la boddhéité, Nichiren Daishonin, sur la base de son immense bienveillance, expliqua précisément comment il fallait lire les passages du Sûtra. Cette lecture profonde du Sûtra du Lotus pourrait être définie comme « l'interprétation du point de vue de l'illumination de Nichiren Daishonin » Il ne s'agit pas simplement d'une explication théorique mais d'une lecture qui s'attache à élucider l'esprit de cet enseignement dans une seule perspective : comment permettre aux êtres humains du monde entier de devenir heureux? Autrement dit, Nichiren Daishonin fit un commentaire du Sûtra du Lotus tourné vers l'action, vers la pratique. C'est un commentaire pour tous les êtres humains, un commentaire sur la vie humaine et sur la meilleure manière de la vivre. Plus qu'une simple compilation de connaissances, le Ongi Kuden est une lecture d'une grande sagesse qui explique avec précision et vigueur le sens du Sûtra du Lotus en fonction de l'époque et de la réalité. L'expression « caché dans les profondeurs » peut paraître suggérer une sorte de mystère inaccessible à la plupart des gens. Mais il n'en est rien. Au contraire, la véritable valeur du « bouddhisme caché dans les profondeurs » tient au fait qu'il est largement ouvert à tous et peut devenir une force active et stimulante capable de revitaliser l'époque et la société. Les membres du groupe Nikken ont totalement détourné le sens de ce concept fondamental. lls déforment l'enseignement du « bouddhisme caché tiens les profondeurs », s'accrochent à des conceptions rigides et se retranchent dans la coquille de l'autorité. Ils ont fait du monde des moines et des temples un univers privilégié et se servent du Gohonzon comme d'un outil pour contrôler les autres. Négligeant eux-mêmes la pratique, ils passent leur temps en vains conciliabules, et laissent ainsi pourrir les racines de leur humanité. Quelle conduite effarante ! Ils ont tué l'esprit de Nichiren Daishonin. Dans mes cours, j'aimerais, avant tout, parler du Sûtra du Lotus par rapport à notre époque et à notre société, en me fondant sur le Ongi Kuden et sur les cours du président Toda. Le bienfait qu'entraîne la récitation du SûtraComme vous le savez, réciter Nam Myoho Renge Kyo ou le Daimokou du Sûtra du Lotus, est considéré comme la « pratique essentielle » et lire ou réciter les chapitres Hoben et Juryo comme la « pratique auxiliaire ». Le 26e grand patriarche, Nichikan, explique la relation entre pratiques essentielle et auxiliaire en les comparant respectivement à la nourriture et aux condiments qui l'accompagnent. Ainsi, par exemple, lorsque vous mangez des aliments de base comme du riz ou des pâtes, vous utilisez du sel ou du vinaigre en guise d'assaisonnement, pour les mettre en valeur ou apporter un « supplément de goût ». Le bienfait qui résulte de la pratique essentielle est immense. Le fait de réciter également les chapitres Hoben et Juryo a une fonction secondaire, celle d'accroître et d'accélérer le pouvoir bénéfique de la pratique essentielle. Dans notre gongyo, la récitation de daimokou apparaît donc comme la composante fondamentale et celle des chapitres Hoben et Juryo comme le complément. Le bienfait découlant de la récitation de daimokou est incommensurable et illimité. Il est certain que le fait de réciter Nam Myoho Renge Kyo, ne serait-ce qu'une seule fois, procure un pouvoir infini. Nichiren Daishonin dit : « Par conséquent, si vous prononcez ces mots du daimokou une seule fois, appelant ainsi par son nom l'état de bouddha de tous les êtres vivants, leur état de bouddha répondra à votre appel et viendra à vos côtés. » (GZ, p. 498 ; L&T, vol. 5, p. 129) Il enseigne aussi que le bienfait de réciter un seul daimokou équivaut à celui de lire une fois le Sûtra du Lotus dans son intégralité, celui de réciter dix daimokou correspond à lire le Sûtra dix fois, cent daimokou à le lire cent fois, et mille daimokou équivalent à mille lectures du Sûtra. Selon ce principe, il n'est nul besoin de se forcer à lire le Sûtra quand, par exemple, on est malade. Si, en s'astreignant à faire un gongyo complet en pareilles circonstances, on aggrave son état de santé, alors, au lieu de développer sa bonne fortune, on produit en réalité un effet opposé car on perd la joie de la pratique, ce qui génère des valeurs négatives. En pareilles occasions, il peut être préférable de lire simplement le chapitre Hoben et la partie Jigage du chapitre Juryo et de réciter daimokou, voire même uniquement de réciter daimokou. Le bouddhisme est la raison. Il importe donc que chacun fasse preuve de sagesse pour accomplir une pratique de gongyo pleine de joie. La lecture du Sûtra du Lotus
La pratique essentielle du bouddhisme de Nichiren Daishonin consiste à réciter Nam Myoho Renge Kyo, vérité ultime de l'enseignement bouddhique le plus élevé. Puisque nous effectuons la pratique essentielle la plus élevée, la pratique auxiliaire destinée à l'accompagner doit être également la meilleure. La pratique auxiliaire choisie par Nichiren Daishonin est la récitation du Sûtra du Lotus, but de la venue du bouddha Shakyamuni en ce monde. Parmi les vingt-huit chapitres du Sûtra, il choisit Hoben, (cœur de l’enseignement théorique, GZ, p. 1015) et Juryo (cœur de l'enseignement essentiel, GZ, p. 1016). A l'époque de Nichiren Daishonin, ses disciples lisaient et récitaient aussi ces deux chapitres. Ainsi, il dit dans un Gosho : « Parmi les vingt-huit [chapitres du Sûtra du Lotus], les chapitres Hoben et Juryo ont une importance toute particulière. Les autres chapitres sont tous, en un sens, les branches et les feuilles de ces deux chapitres. Par conséquent, pour votre pratique régulière, je vous conseille de réciter la partie en prose des chapitres Hoben et Juryo. » (L&T, vol. 6, p. 11) Nichiren Daishonin enseigne l'importance de lire les chapitres Hoben et Juryo tous les jours, car ils constituent le fondement des vingt-huit chapitres du Sûtra du Lotus. Gongyo et daimokou sont les racines qui vous permettent en quelque sorte de vous développer comme un grand arbre. Il paraît certes impossible de percevoir un changement d'un jour à l'autre dans l'arbre de votre vie mais, grâce à la nourriture quotidienne que vous apporte une pratique assidue, votre vie deviendra un jour aussi élevée et solide qu'un grand arbre. En pratiquant régulièrement, vous parviendrez à l'état de vie d'un bonheur totalement indestructible. Cependant, comme je l'ai mentionné plus tôt, nous récitons les chapitres Hoben et Juryo du Sûtra du Lotus du point de vue de Nichiren Daishonin qui les définit comme « l'enseignement caché dans les profondeurs ». Nichikan Shonin, 26e grand patriarche, explique que nous lisons le chapitre Hoben pour « réfuter » son sens superficiel et « emprunter » ses phrases, et que nous lisons le chapitre Juryo pour réfuter sa signification superficielle et faire apparaître le message caché dans ses profondeurs. En lisant ces chapitres du point de vue du bouddhisme de Nichiren Daishonin, nous réfutons leur signification superficielle. C'est comme si nous disions : « Le Sûtra du Lotus de Shakyamuni ne peut apporter aucun bienfait à l'époque des Derniers Jours de la Loi ». Toujours du point de vue de Nichiren Daishonin, nous faisons aussi gongyo pour « rendre hommage à la grandeur du Gohonzon. Cette façon de lire le Sûtra du Lotus » correspond à « emprunter » ses mots pour « révéler l'enseignement caché dans ses profondeurs ». Il existe des arguments précis qui étayent et démontrent le bien-fondé de cette explication mais je n'entrerai pas ici dans les détails et me contenterai de confirmer que lorsque nous lisons les chapitres Hoben et Juryo, nous le faisons du point de vue du bouddhisme de Nichiren Daishonin. Quand vous pratiquez,
Certains d'entre vous se demandent sans doute comment il est possible d'obtenir des bienfaits en lisant des passages de sûtra dont on ne comprend pas le sens. Je tiens cependant à vous assurer que cette pratique procure immanquablement des bienfaits. Nichiren Daishonin dit : « Un bébé ne connaît pas la différence entre l’eau et le feu, ni entre un médicament et un poison. Mais quand il tête le lait maternel, il est nourri et sa vie se développe. Même sans avoir étudié les sûtras Agon comme le fit Shariputra, même sans comprendre le sûtra Kegon comme l’avait compris le bodhisattva Gedatsugatsu, et même sans avoir avoir appris par cœur, comme l’avait fait le bodhisattva Monju, tous les enseignements sacrés exposés par le Bouddha de son vivant, en entendant ne serait-ce qu’un seul caractère ou une seule phrase du Sûtra du lotus, on ne peut manquer d’atteindre la boddhéité. » (L&T, vol. 7, p. 136) De même qu'un bébé grandit sans même en avoir conscience en buvant du lait, si vous récitez de tout votre cœur la Loi merveilleuse avec foi dans le Gohonzon, votre vie se mettra immanquablement à rayonner de bonne fortune et vous aurez des bienfaits incommensurables. Prenons un autre exemple : les chiens savent communiquer avec les chiens, de même que les oiseaux ont leur propre langage qui leur permet de communiquer entre eux. Alors que les êtres humains ne comprennent pas ces langages, les chiens et les oiseaux parviennent à communiquer avec leurs congénères. De même, si certains ne comprennent pas le jargon scientifique ou une langue particulière, d'autres peuvent très bien communiquer entre eux avec ces langages. D'une certaine façon, on peut dire que, lorsque nous faisons gongyo et récitons daimokou, nous parlons la langue du monde des bouddhas et des bodhisattvas. Même si vous ne comprenez pas vous-même le sens de ce que vous dites, votre voix atteint véritablement le Gohonzon, toutes les divinités bouddhiques et tous les bouddhas et bodhisattvas du passé, du présent et du futur, dans toutes les directions. En réponse, l'univers entier répand sur vous la lumière de la bonne fortune. Cependant, il est certain que si vous cherchez à comprendre le Sûtra en vous fondant sur cette pratique et en faisant preuve d'esprit de recherche, vous approfondirez votre confiance et renforcerez votre foi.
Une pratique qui revitaliseQuand nous faisons gongyo et quand nous récitons daimokou, nous effectuons une cérémonie par laquelle nous faisons l'éloge du Gohonzon et de la grande Loi de Nam Myoho Renge Kyo. On peut comparer gongyo à un poème ou à un chant magnifique. C'est la meilleure manière de rendre hommage à Nam Myoho Renge Kyo, loi fondamentale de l'univers, et au Bouddha. Quand nous faisons gongyo, nous louons aussi la vie éternelle et universelle et le monde de la boddhéité qui existent en nous-mêmes. Le président Toda a dit un jour : « Quand nous nous tournons vers l’est et célébrons les divinités bouddhiques, à ce moment-là, à l’endroit où nous sommes, les divinités bouddhiques présentes dans notre propre cœur se manifestent dans tout l’univers. Puis, quand nous faisons face au Gohonzon pour la seconde méditation, les divinités bouddhiques prennent toutes place derrière nous. Si je remerciais les divinités bouddhiques maintenant, alors, sans tenir compte du fait qu’il fasse jour ou nuit, elles prendraient place derrière moi et s’inclineraient devant le Gohonzon. Ces divinités s’emploieront toutes à m’aider à réaliser ce que je désire. » Quand nous adoptons le Gohonzon comme objet de vénération, aussitôt, à l'endroit même où nous sommes, les portes de notre microcosme s'ouvrent totalement pour fusionner avec le macrocosme. Nous parvenons alors à un grand bonheur, une parfaite sérénité, comme si nous faisions face à tout l'univers. Nous savourons une plénitude et une joie immenses et nous accédons à une grande et intarissable source de sagesse. Notre vie est semblable à un microcosme. En harmonie avec l'univers, elle s'élargit jusqu'à contenir l'univers entier. Gongyo est une « cérémonie dans le temps sans commencencement ni fin » qui nous permet de nous fortifier. Elle revitalise les profondeurs mêmes de notre être. L'important est donc de faire chaque jour gongyo de façon bien rythmée et cadencée, comme un cheval blanc galopant à travers ciel. J’espère que vous faites un bon gongyo qui vous apporte fraîcheur et vitalité à la fois sur le plan physique et sur le plan spirituel. Pratiquer le « roi des sûtras »
Le Sûtra du Lotus est le « le roi des sûtras », « l’écrit destiné à tous les êtres humains ». C’est un enseignement pour notre vie actuelle. Il concrétise la bienveillance du Bouddha et affirme l’égalité de tous les êtres. C’est « l’écrit de la renaissance », d’où jaillit l’esprit de régénérescence qui apporte force et sagesse aux êtres humains. Et les chapitres Hoben et Juryo sont le cœur du sûtra. Il n’existe pas de pratique plus universelle que celle qui consiste à lire le sûtra et à réciter daimokou, comme Nichiren Daishonin l’a enseigné. C’est la pratique bouddhique la plus largement ouverte et la plus accessible à tous les êtres humains. Du vivant de Nichiren Daishonin, moines et laïcs ont récité assidûment le Sûtra et daimokou. Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, pour bien des Japonais, les sutras apparaissent comme des écrits anciens, très éloignés de leurs véritables préoccupations. La plupart d’entre eux n’entendent les sutras que dans la bouche des moines, à l’occasion des cérémonies de funérailles. Cette tendance à dépendre des moines - devenue si courante que personne n’ose la remettre en cause - est à l’origine d’une soumission aveugle aux autorités religieuses. Et c’est le « mal fondamental » qui a conduit les membres du clergé à devenir arrogants et décadents. A l'heure actuelle, cependant, en raison du développement de la Soka Gakkai internationale, des gens, non seulement au Japon mais aussi dans le monde entier, invoquent la Loi merveilleuse et lisent les chapitres Hoben et Juryo avec joie. Cette grande entreprise absolument sans précédent dans toute l'histoire du bouddhisme est la grande révolution religieuse du XXe siècle. « Le bouddhisme ouvert à tous » de Nichiren Daishonin répand une grande lumière de paix et de bonheur dans le monde entier. Des millions de personnes font l'expérience du pouvoir bénéfique de la Loi merveilleuse, en interprétant la grande épopée de leur révolution humaine. Aucun fait ne témoigne plus éloquemment de la justesse de la SGI qui permet à l'esprit du Sûtra du Lotus de continuer à vivre à l'époque actuelle. Tout en me consacrant à cette série de cours d'étude, j'ai à l'esprit l'image de nombreux amis. J'aimerais poursuivre ce cours comme si je discutais avec chacun de vous en particulier, tout en contemplant un beau ciel bleu ou en longeant tranquillement un magnifique champ de fleurs au doux parfum.
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