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Examen Nov. 2008
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8.8.3. Culture et spiritualité - Lettres des quatre-saisons (Yasushi Inoué)
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      8. Publications
          8.8. Dialogues avec Daisaku Ikeda
              8.8.3. Culture et spiritualité - Lettres des quatre-saisons (Yasushi Inoué)
 8.8.3.3. Préface

 Préface

Le romancier Yasushi Inoue et moi-même divergeons sur bien des points. Nous n'avons ni les mêmes opinions, ni le même âge, ni les mêmes expériences. Figure notoire du monde littéraire japonais, M. Inoue s'intéresse plus particulièrement à l’histoire dont il donne une vision aussi claire que chaleureuse. A plus de soixante-dix ans, il a fait le voyage de la route de la Soie, autrefois route des échanges culturels entre l'Orient et l'Occident, et il nourrit une passion toute juvénile pour l'histoire des régions situées à l'ouest de la Chine. Récemment il n’a pas craint de se rendre en Chine pour le tournage d'un film adapté d'un de ses romans : La Tuile de Tempyô. L'esprit jeune et toujours séduisant il ne cesse de peaufiner un style littéraire déjà très raffiné, tout en faisant preuve d'une créativité inaltérable que j'admire profondément.

Notre correspondance a durée un an, d'avril 1975 â avril 1976 et a été publiée en feuilleton dans le journal japonais Ushio. Ce fut pour moi, qui suis responsable d’un mouvement religieux mondial, une période d'activités intenses où je n’eus guère le loisir de rester bien longtemps au même endroit. Dans l'intérêt des échanges culturels et éducatifs et pour contribuer à la construction de la paix, je me suis en effet rendu en Chine, en Europe et en Union soviétique. En tant que pratiquant du bouddhisme - épitomé de la sagesse orientale - je m'intéresse profondément à tous les phénomènes humains. Voilà pourquoi j’ai toujours éprouvé la plus grande joie à lire M. Inoue ou à lui écrire tantôt en voyage, tantôt de retour au Japon.

Chacune de ses lettes des quatre saisons sentait bon la littérature. Il écrivit l'une d’elles face à la fenêtre de son bureau alors que soufflait la douce brise de mai, et j’ai perçu entre les lignes l’énergie de cette verdure qu'il aime tant, lui qui est né en mai.

De temps à autre, au milieu de propos anecdotiques, il me faisait soudain part d'une réflexion profonde, fruit d'une longue méditation. Mon esprit se trouvait alors comme ébloui par une authentique révélation.

Dans une de mes lettres, je lui ai exprimé sincèrement ce que m'inspirait l'une de ses histoires intitulée Kaseki (Fossiles). La mort, thème de ce récit est un sujet qui m 'intéresse profondément et en premier lieu de par sa relation au bouddhisme qui étudie les quatre souffrances fondamentales de la vie, la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, pour enseigner la voie correcte aux êtres humains. Dans sa lutte contre le cancer, le héros du roman de M. Inoue affronte la mort, terrible compagne, et converse avec elle. Avec une étonnante fierté, il parvient à survivre en surmontant l’adversité. Dans notre correspondance, M. Inoue m 'expliqua que l'histoire lui avait été inspirée par son propre dialogue avec la mort. Il est dans l'habitude de nos contemporains d'éviter délibérément de se confronter à ce problème. Mais je crois cependant qu’au fond d’eux-mêmes, ils commencent à s’interroger sérieusement sur la question de la vie et de la mort. Voilà pourquoi ces lettres m‘ont profondément marqué.

Sur la rivière incessante du temps, on voit flotter en surface toutes sortes de schémas humains appelés à disparaître. Ainsi, pendant notre correspondance, j’ai appris le décès du premier ministre chinois, M. Chou En-lai, que j’avais rencontré.

Dépassant les vicissitudes de l’existence, les diverses lettres ouvertes et candides que nous avons échangées ont établi entre nous une amitié indestructible. Bien que l’ensemble de cette correspondance ne couvre qu‘une année, je suis certain que son contenu spirituel et philosophique correspond aux problèmes de notre temps.

La proposition d’une publication en anglais m’a aussi surpris que celle de l’édition précédente en japonais, mais j’ai consenti au projet en espérant que le lecteur prendra cet ouvrage pour ce qu‘il est : un jalon dans la vie de ses auteurs.

En notre nom commun,
Daisaku Ikeda, le 16 février 1980


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